dimanche 28 février 2010

Poesie Visuelle franco-allemande

Je suis une Berlinoise / ich bin eine Berlinerin

Jouer avec les mots, jouer avec les langues, découvrir ce qui se cache derrière, s'imposer des contraintes oulipiennes, faire un puzzle d'anagrammes et composer deux textes, en miroir, l'un en français, ma langue maternelle, l'autre en allemand, ma "deuxième langue", voilà le pourquoi du comment.  Le point de départ a été la participation à un journal sérigraphié berlinois (que je présenterai bientôt).
La lecture du livre de Georges-Arthur Goldschmidt "Quand Freud voit la mer" qui questionne le rapport de Freud à la langue allemande et les différences inhérentes aux langues allemande et française a influencé ce travail, bien plus que je ne le pensais au début. Il m'a fallu une journée complète pour composer chacun de ses textes, car si des anagrammes sont  faciles à trouver, en trouver des longs de plusieurs mots n'est pas aisé du tout. Ci-dessous, il s'agit de la première composition. je n'ai rajouté aucune  lettre, mais parfois il en manque une ou quelques-unes. Le texte sérigraphié sera un peu différent, moins de texte et nouvel ordre des phrases.


"Je suis une Berlinoise / Ich bin eine Berlinerin"

Ces deux phrases qui donnent le titre à ce texte bilingue en sont le point de départ. Dans chacune des langues, j'ai cherché des anagrammes pour chacune d'elles et le résultat est ce que j'appelle "un double autoportrait en mots". Afin d'évoquer la notion des mots cachés des anagrammes, ces textes sont écrits par perforation, en creux donc, et j'ai gardé les lettres-confettis… Par ailleurs, le texte allemand est le négatif du texte français, et ce n'est évidemment pas une traduction mais une "équivalence."

jeudi 18 février 2010

Le Petit Belsunce Curieux

L'année dernière, j'ai participé aux Rencontres des Passeurs, projet initié et mené par Guylaine Renaud. Des "rencontres au quartier", des visites de Belsunce, un des vieux quartiers au centre de Marseille, visites menées par ses propes habitants, au gré des souvenirs, du vécu, du travail de chacun. Des visites parfois improvisées, par les rues prises au hasard ont entraîné d'autres rencontres.
L'idée était de faire d'une part un carnet sonore, et pour la plupart des visites, Célia de radio Grenouille était là avec son micro discret, tandis que je photographiais.

La page "hôtels", celle qu'on découvre en premier

D'autre part, il y avait le projet d'un carnet de voyage, d'une carte du quartier retraçant ces rencontres. De mon côté, j'ai donc collecté des images, des mots, des papiers dans la rue, des paroles. De mini ateliers ont eu lieu entre conversations, thé et petits gâteaux. Des plans dessinés de mémoire.

Les plans dans le plan - Couverture

Un plan personnel et subjectif d'une rue de Belsunce

"Le Petit Belsunce Curieux" est un livre-objet qui se déplie comme un plan en 6 grandes pages de 30 cm sur 40 environ. A l'intérieur, d'autres petites pages de 23 cm sur 23 se déplient en plans plus petits. Quand chaque grande page a été ouverte, un plan ancien de Marseille révèle les contours de Belsunce et le situe dans la ville. Ce livre-plan raconte cette aventure humaine, ce "tour du quartier" sensible et dont les strates de l'Histoire, la grande, la petite, comme on dit, se découvrent à celui qui les cherche.

Les deux premières pages - Jardins

La page "bazars"

"Le Petit Belsunce Curieux" s'ouvre et se déplie donc dans un labyrinthe de pages, dans des mises en abyme : un livre dans le livre, des plans dans le plan. Comme dans Belsunce et ses ruelles, ses rues en fourche et ses recoins cachés, on peut se perdre dans ce livre. Des portes, des boîtes aux lettres s'ouvrent, des rideaux se soulèvent, des pages se feuillettent… Un livre-objet à manipuler, un jeu de piste ludique à regarder, à lire et à toucher.
"Le livre dans la photo du livre dans le livre"